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Body Image

La neutralité corporelle : un chemin du milieu

Aimer son corps à tout prix peut devenir une injonction de plus. La neutralité corporelle propose une paix plus modeste, et plus tenable.

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La neutralité corporelle : un chemin du milieu

Le body positive demande d’aimer son corps. Les jours difficiles, cette exigence peut ressembler à un échec de plus. La neutralité corporelle propose un chemin du milieu : pas besoin d’aimer le corps, on peut le respecter, le remercier pour ce qu’il permet, ou simplement le laisser tranquille.

## D’où vient le malaise avec le body positive

Né de mouvements de justice sociale, le body positive visait à rendre visibles les corps discriminés. En passant par le marketing, il s’est souvent réduit à une injonction individuelle : sois fière de ton corps, quoi qu’il arrive. Or une injonction d’amour reste une injonction. Elle laisse de côté les personnes malades, handicapées, trans, racisées, ou simplement épuisées par des décennies de guerre contre leur reflet.

La recherche en psychologie de l’image corporelle distingue d’ailleurs la satisfaction corporelle de l’appréciation corporelle fonctionnelle : valoriser ce que le corps fait et permet, indépendamment de son apparence. C’est cette seconde dimension qui prédit le mieux le bien-être durable.

## Ce que la neutralité change au quotidien

- Le miroir cesse d’être un examen. On peut se regarder pour se coiffer, pas pour s’évaluer. - Les pensées négatives peuvent traverser sans devoir être combattues ou converties en amour. - Les soins au corps, se nourrir, dormir, bouger, deviennent des gestes de maintenance, pas des projets de transformation.

La neutralité n’est pas de l’indifférence. C’est un cessez-le-feu. Et d’un cessez-le-feu, il arrive que naisse quelque chose de plus tendre, sans qu’on l’ait exigé.

## Le body checking, l’ennemi discret

Vérifier son corps, se peser, pincer, comparer, mesurer, entretient l’obsession qu’il prétend rassurer. Les protocoles de TCC des TCA identifient la réduction du body checking comme un objectif thérapeutique à part entière. Concrètement : réduire la fréquence des pesées, déplacer le miroir, limiter les essayages-test, et noter l’émotion qui précède l’envie de vérifier.

## Pour aller plus loin

- NICE, Eating disorders: recognition and treatment (NG69), nice.org.uk - Tylka T. & Wood-Barcalow N., Body Appreciation Scale, recherche sur l’appréciation corporelle fonctionnelle - Fairburn C., protocoles TCC-E sur le body checking - HAS, Anorexie mentale : repérage et prise en charge, has-sante.fr - Gras-TCA, réseau français de soins et de formation aux troubles alimentaires

Transparence éditoriale

Écrit et relu par
Angelina Mehtälä, praticienne en nutrition, fondatrice d'Anti-Diet Club
Mise à jour

Contenu éducatif, il ne remplace pas un avis médical, psychologique ou diététique. Aucun clinicien externe n'a relu cet article ; nous l'indiquerons nommément le jour où ce sera le cas.

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